« J’ai décidé, avec ce livre-testament, de ne jamais brider ma plume. J’écris sans scrupule. Je livre, sans aucune précaution pour les mes sensibles, le fond de ma pensée, avec l’obsession de relever le pays, de le redresser, de le sortir du cloaque.Je suis hanté par la disparition du peuple auquel j’appartiens. Je vois le gouffre s’ouvrir. Comme disait Chateaubriand a propos de Fouché et Talleyrand, je vois le vice appuyé sur le bras du crime, je vois la complaisance appuyée sur le bras des lches. Le consentement des autorités intellectuelles, morales et spirituelles. Le grand affaissement. On a perdu la matrice. Bientôt la France habitera encore au meme endroit, mais elle aura changé de résidents. La brutalisation et la mutation du peuple d’origine ouvre déja sur un nouvel espace qui se dessine.J’ai vécu tout cela depuis un quart de siecle de décrépitude. Je connais la vie publique de l’intérieur. Je connais, pour les avoir fréquentés, les recoins des coulisses tout autant que le devant de la scene : le parjure et l’exhibition qui composent la matiere premiere de la politique. J’ai vu comment s’est mis en place le populicide français.Il est temps, aujourd’hui, pour moi, de tout dire, sans retenue, sans prudence mondaine, sans ménager quiconque. Prenant la main de la petite Espérance, j’adresse une ode au Français de souche ainsi qu’au Français de désir, et un appel a un jeune Français qui veut encore y croire.Je parle devant l’Histoire. C’est peut-etre mon cri ultime, le message final, le dernier dépôt, le fruit de la derniere mise en garde avant qu’il ne soit trop tard. »